Le journal de bord

Histoires, inspirations et coulisses
de Les mots à l'affiche

Bienvenue dans le journal de bord de Les mots à l’affiche.


Ici, je vous raconte les histoires derrière les affiches typographiques, les coulisses de l’atelier et  les inspirations quotidiennes qui nourrissent mes créations. 

C’est un espace d’exploration et d’échange. 

Une femme aux cheveux longs sourit devant un fond rouge, tenant un cadeau.

May Lopez

Fondatrice de Les mots à l'affiche

Je m’appelle May. Je suis la fondatrice de Les mots à l’affiche

J’aime. Créer. Réserver un vol pour un pays, encore, inconnu. Écrire. Imaginer. Photographier. Observer le jour qui se lève et sa lumière bleutée.

L’instant où l’avion décolle. Et puis, la vue par le hublot. La mélodie d’un piano, la beauté d’une rencontre, la douceur d’une pluie d’été. Le bruit de pas sur le parquet. Le silence. La justesse d’un roman.

Je crois en la beauté de la vie. Je crois en l’amour. Je crois en la douceur. Je crois en l’humain. Je crois que les rêves sont faits pour être réalisés.

Et vous, en quoi croyez-vous ? 

Le club privé

Le club est un espace d’exploration et d’échanges

On y parle littérature, entrepreneuriat et créativité. On parle d’amour et rencontres qui éclairent et font battre le coeur un peu plus fort. On s’étonne de la poésie du quotidien et de la beauté des premières fois. On est passionnés, fous et idéalistes. On s’y dévoile vulnérables et sincères. On tremble, on rit, on aime. On a la tête dans les étoiles.

On a des rêves qui n’attendent que d’être réalisés.

La liste du héros ordinaire

Une personne est assise sur un lit et tient "La liste du héros ordinaire", une liste de citations de motivation encadrée en français, tandis qu'une tasse de café repose à proximité sur la couverture.
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Je me suis rendue compte récemment que je ne vous avais jamais vraiment raconté l’histoire de cette affiche La liste du héros ordinaire

C’est étrange, ou peut-être pas : c’est une affiche qui compte beaucoup pour moi. Je voulais tellement bien le faire que je ne l’ai pas fait comme souvent. 

Tout a commencé avec un texte reçu dans le cadre d’un concours d’écriture pour l’anniversaire de Les mots à l’affiche il y a plus de deux ans (oui !).

Il venait d’Anne. Anne Sacre est oncologue en Belgique. Anne a écrit ce texte pour ses patients. Ce qui m’a frappée, c’est la douceur, la justesse, la manière qu’elle a d’habiter les mots — et le monde, j’imagine. Son texte était lumineux et gorgé d’empathie. 

À ce moment-là, je venais de perdre deux proches d’un cancer. Je n’ai pas choisi son texte. Je cherchais quelque chose de plus léger, moins lié à mon histoire personnelle. C’était trop dur pour moi d’en parler. Et puis les semaines ont passé, et je n’arrivais pas à l’oublier.

Alors, j’ai réécrit à Anne. Je lui ai dit que son texte ne m’avait pas quittée et que j’aimerais en faire quelque chose, si elle était d’accord.  Si vous me lisez aujourd’hui, vous vous en doutez, Anne a été d’accord. 

On a décidé de le reprendre ensemble. De le polir en conservant sa force. De garder cette ligne directrice : dire la vie sans nier l’épreuve, apporter de la lumière sans jamais culpabiliser.

C’est devenu La liste du héros ordinaire, ce texte que vous pouvez lire sur l’affiche aujourd’hui. 

Une liste pour celles et ceux qui avancent sans bruit. Pour celles et ceux qui tiennent. Pour celles et ceux qui continuent d’aimer, de vivre, de respirer même quand tout vacille. Surtout quand tout vacille. 

Elle s’adresse aux malades et aux aidants, aux cabossés, aux fêlés, à vous aussi. Parce que dans le fond, je crois que l’on est tous, des héros ordinaires. 

J’aime l’idée que ce texte ne donne pas de leçon. Il propose. Il offre des pistes. Il pose une main sur l’épaule. Il affirme que l’on peut encore respirer, encore croire aux lendemains, encore choisir — parfois — la joie et la tendresse, même dans les moments les plus cabossés. Il n’est en aucun cas une injonction à aller bien malgré la maladie ou la dureté de la vie. 

Il est imprimé au sein de mon atelier à Toulouse, sur un papier d’art épais, comme toutes les affiches. Et  on a décidé qu’une partie des bénéfices serait reversée aux Centres Ressource  qui accompagnent les personnes touchées par le cancer.

Je crois que cette affiche, on ne l’achète pas tout à fait comme les autres. On l’offre à quelqu’un, ou on se l’offre à soi, à un moment précis. Comme un repère. Comme un soutien. 

Depuis que j’ai la boutique, je l’ai offerte à plusieurs reprises.  Et je crois pouvoir dire, face aux regards touchés, qu’elle a un pouvoir magique.

Et si elle existe aujourd’hui, c’est grâce à Anne.

Merci Anne de  rendre le monde plus habitable.

C’est grâce à des personnes comme toi que le monde est plus beau.

 

Le calme est précieux

Depuis quelque temps, j’ai beaucoup de mal à me concentrer.

C’est étrange à écrire, parce que cela ne me ressemble pas. J’ai toujours eu cette capacité à avancer, à produire, à créer, à m’enthousiasmer. Même fatiguée, même débordée.

Cela peut paraître bête mais j’aime tellement écrire, et mon travail : je n’ai jamais  vraiment l’impression de travailler – sauf quand je fais ma comptabilité… . Avec la maternité, j’ai souvent été frustrée de ne pas pouvoir travailler autant que je le voulais. 

Et pourtant, ces dernières semaines, quelque chose a changé.

Mon cerveau semble refuser de suivre. Je fais ce qu’il faut, quand il faut, mais avec beaucoup moins d’élan. Sans ces idées qui fusent dans ma tête. Comme si mes pensées n’arrivaient plus à se faire une place, comme si tout était emmêlé et brouillon dès le réveil. 

J’ai cherché des explications.

J’en ai trouvé beaucoup. Trop, sûrement.

Les événements récents autour de mon fils. La fatigue accumulée, aussi. Les nuits hachurées depuis plus de vingt mois, le corps qui tient mais qui, à un moment, demande, peut-être, à sa façon, à ralentir. Mes yeux qui brûlent face aux écrans. Cette difficulté nouvelle à fixer, à lire, à rester concentrée.

Et puis ce sentiment diffus et si inconfortable d’être en permanence sollicitée, happée, stimulée.

Trop d’informations, trop de bruit, trop de lumière, trop de son, trop de mots. Trop. 

L’usage de l’IA ne me semble pas être anodin. Cette vitesse constante, cette production infinie, cette sensation que tout va plus vite, trop vite.

Mon cerveau n’a plus le temps de digérer. Cela me donne la nausée. 

Face à ce trop-plein, j’essaie de faire de la place au vide. C’est si difficile et inconfortable quand on a l’habitude courir. De faire plusieurs choses à la fois. D’optimiser chaque seconde de temps pour être productive. 

Je trie, range, supprime. Je laisse mon téléphone de côté, coupe les notifications, supprime des applications. Je m’empêche de prendre mon téléphone à chaque moment d’attente. Je m’empêche de mettre un podcast dans mes oreilles dès que je marche. 

Je fais le ménage dans ce que je consomme. Je lis à nouveau des livres. J’écris dans un carnet. 

Le plus important, je me force à ne faire qu’une seule chose à la fois, ce qui est devenu,  un vrai défi. Je mesure combien le multitâche m’épuise. 

Je suis persuadée que derrière cette course, la sérénité m’attend.  

Je ne crois plus que la créativité, la réussite ou la joie se trouvent dans l’accélération, dans l’accumulation, ni dans cette capacité à tout faire, coûte que coûte.

C’est peut-être même l’inverse. Dans le fait de ralentir. Dans l’oisiveté.
Dans le luxe de laisser de l’espace et du silence, sans chercher à combler immédiatement chaque vide.

Le calme est précieux. C’est une élégance moderne. 

Cette phrase s’est imposée doucement. Elle est devenue le point de départ d’une nouvelle collection, dont j’avais prévu de vous parler aujourd’hui. Une collection née de cette période un peu trouble inconfortable, et en même temps très révélatrice de mes besoins et valeurs profondes.

Une collection autour de ce qui reste quand on enlève le superflu, de ce qui nous tient quand tout vacille, de ce qui compte quand on tangue. 

Je suis très heureuse de vous dévoiler aujourd’hui l’une des premières affiches : Le calme est précieux. 

Cet article ne devait pas être celui-ci. Mais c’était celui que je  devais de vous écrire avant le lancement de cette nouvelle collection

La boutique, le bébé, et moi

J’ai hésité à écrire ce mail. Je ne savais pas trop comment le tourner. C’est très inconfortable pour moi de vous l’écrire.

S’il y a bien une règle que je me fixe avec Les mots à l’affiche, c’est de toujours mettre en avant les fondations et nos valeurs communes — un travail artisanal français, un service stable et fonctionnel, qu’importe le temps, mon humeur et les saisons.

Depuis quelques semaines, c’est très compliqué de continuer à le faire.

Mon bébé n’a plus de nounou. Je passe donc beaucoup de temps en tête à tête avec lui – et ça, c’est drôlement, drôlement chouette après les mois que l’on vient de passer.

J’ai tenté de continuer à travailler avec lui. La vérité est que je n’ai plus l’énergie pour le faire – et que je me suis épuisée à le faire -, que je n’ai pas de solution de garde pour le moment, et qu’un bébé n’a absolument pas sa place au sein d’une boutique une journée entière.

J’expérimente le lâcher-prise. On essaie de se partager les moments de garde avec son papa. En pratique, la boutique est ouverte le mercredi, le vendredi et le samedi — vous risquez de croiser sa petite tête ces jours-là le matin ou en fin de journée. Il est d’ailleurs à mes côtés pendant que je vous écris ce texte.

Durant ces jours-là, et pendant ses siestes les autres jours, j’avance comme je peux sur la collection de printemps.

Une collection très personnelle. Je me suis posé une question simple : comment rester doux, ouvert, humain… dans un monde qui nous pousse  à nous refermer ? Comment continuer à faire confiance en la vie face à l’actualité du monde ? 

Alors j’ai écrit sur ce qui compte, sur ce qui nous meut et nous lie  qu’importe les époques, les âges et les civilisations. L’empathie. La confiance. La paix. Le calme.. L’écoute. La douceur. Ces choses invisibles, et essentielles, qui nous relient les uns aux autres et qui fondent notre humanité. 

C’est une collection intime, poétique, universelle. J’espère  qu’elle résonnera chez vous  et sera le point de départ de beaux échanges. 

Si vous souhaitez vérifier que la boutique est ouverte avant de faire le déplacement, écrivez-moi. Vous pouvez répondre directement à ce mail. Les horaires peuvent changer – pas en fonction de la météo, mais d’un bébé mignon.

La boutique en ligne reste ouverte, et les colis sont envoyés plusieurs fois par semaine comme toujours.

Merci de me lire, merci de me faire confiance, merci pour votre patience — même les semaines où je tangue un peu.

La journée des droits de la femme

Affiche “À toi, future déjà maman” tenue entre deux mains, texte noir sur fond blanc, message de soutien pour femme enceinte, lumière douce sur bois naturel.

Dimanche, c’était la Journée de lutte pour les droits des femmes.

Moi, j’ai raté mon rendez-vous annuel.

Chaque année, je prépare cette journée avec soin. Je cherche les mots justes, ceux qui font réfléchir, qui guident. Je fais appel à des femmes inspirantes et talentueuses pour écrire des affiches sur ce thème. Je reverse les bénéfices à une association pour les droits des femmes. J’offre une affiche, aux femmes, à l’occasion de cette journée pour qu’elles n’oublient jamais leur force.


Parce que c’est pour ça que j’ai créé Les mots à l’affiche.
Parce que je crois, profondément, que les mots ont le pouvoir de changer les choses et notre façon d’appréhender le monde. De le rendre plus juste,.

Cette année, je n’ai rien fait de tout ça.

Mon fils de 19 mois n’a plus de nounou. Alors j’essaie de travailler avec un petit garçon à mes côtés. Il est adorable. Il est épuisant. Il est drôle, joueur, espiègle. Il renverse tout, il réclame tout, il prend toute la place. Il prend tout mon amour, toute mon énergie et toutes mes pensées.

J’essaie de composer avec cette réalité.

Avec la joie, et l’apaisement, de l’avoir près de moi.

Avec la fatigue et l’agacement, parfois, de ne pas parvenir à travailler comme je le voudrais.

Je ne vous écris pas ça pour me plaindre. Je vous le dis parce que c’est la vérité et que je crois plus que jamais que l’intime est politique — et cette vérité est celle de beaucoup de mères qui essaient de travailler comme si elles n’avaient pas d’enfant, et d’être mamans comme si elles n’avaient pas de travail.

Parce que même moi — qui ai ma propre entreprise, et qui crée des affiches sur la puissance et la force des femmes — j’ai des semaines où je me sens loin, très loin, très très loin, de cette femme forte que je voudrais être.

Des semaines où « être libre, fière, déterminée  » ressemble davantage à un idéal qu’à une réalité.
Et pourtant. Chaque jour, je me lève. Je souris. Je continue. Je fais rire mon bébé. Je réponds à des mails. J’écris. J’avance, même à petits pas, même maladroitement, même si c’est bien loin de mon idéal.

Et je pense à toutes celles qui font pareil — en silence, chaque jour, sans que personne ne les applaudisse.

À toutes celles qui se battent face aux inégalités, visibles ou invisibles.
Vous êtes incroyables.

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