Depuis quelque temps, j’ai beaucoup de mal à me concentrer.
C’est étrange à écrire, parce que cela ne me ressemble pas. J’ai toujours eu cette capacité à avancer, à produire, à créer, à m’enthousiasmer. Même fatiguée, même débordée.
Cela peut paraître bête mais j’aime tellement écrire, et mon travail : je n’ai jamais vraiment l’impression de travailler – sauf quand je fais ma comptabilité… . Avec la maternité, j’ai souvent été frustrée de ne pas pouvoir travailler autant que je le voulais.
Et pourtant, ces dernières semaines, quelque chose a changé.
Mon cerveau semble refuser de suivre. Je fais ce qu’il faut, quand il faut, mais avec beaucoup moins d’élan. Sans ces idées qui fusent dans ma tête. Comme si mes pensées n’arrivaient plus à se faire une place, comme si tout était emmêlé et brouillon dès le réveil.
J’ai cherché des explications.
J’en ai trouvé beaucoup. Trop, sûrement.
Les événements récents autour de mon fils. La fatigue accumulée, aussi. Les nuits hachurées depuis plus de vingt mois, le corps qui tient mais qui, à un moment, demande, peut-être, à sa façon, à ralentir. Mes yeux qui brûlent face aux écrans. Cette difficulté nouvelle à fixer, à lire, à rester concentrée.
Et puis ce sentiment diffus et si inconfortable d’être en permanence sollicitée, happée, stimulée.
Trop d’informations, trop de bruit, trop de lumière, trop de son, trop de mots. Trop.
L’usage de l’IA ne me semble pas être anodin. Cette vitesse constante, cette production infinie, cette sensation que tout va plus vite, trop vite.
Mon cerveau n’a plus le temps de digérer. Cela me donne la nausée.
Face à ce trop-plein, j’essaie de faire de la place au vide. C’est si difficile et inconfortable quand on a l’habitude courir. De faire plusieurs choses à la fois. D’optimiser chaque seconde de temps pour être productive.
Je trie, range, supprime. Je laisse mon téléphone de côté, coupe les notifications, supprime des applications. Je m’empêche de prendre mon téléphone à chaque moment d’attente. Je m’empêche de mettre un podcast dans mes oreilles dès que je marche.
Je fais le ménage dans ce que je consomme. Je lis à nouveau des livres. J’écris dans un carnet.
Le plus important, je me force à ne faire qu’une seule chose à la fois, ce qui est devenu, un vrai défi. Je mesure combien le multitâche m’épuise.
Je suis persuadée que derrière cette course, la sérénité m’attend.
Je ne crois plus que la créativité, la réussite ou la joie se trouvent dans l’accélération, dans l’accumulation, ni dans cette capacité à tout faire, coûte que coûte.
C’est peut-être même l’inverse. Dans le fait de ralentir. Dans l’oisiveté.
Dans le luxe de laisser de l’espace et du silence, sans chercher à combler immédiatement chaque vide.
Le calme est précieux. C’est une élégance moderne.
Cette phrase s’est imposée doucement. Elle est devenue le point de départ d’une nouvelle collection, dont j’avais prévu de vous parler aujourd’hui. Une collection née de cette période un peu trouble inconfortable, et en même temps très révélatrice de mes besoins et valeurs profondes.
Une collection autour de ce qui reste quand on enlève le superflu, de ce qui nous tient quand tout vacille, de ce qui compte quand on tangue.
Je suis très heureuse de vous dévoiler aujourd’hui l’une des premières affiches : Le calme est précieux.
Cet article ne devait pas être celui-ci. Mais c’était celui que je devais de vous écrire avant le lancement de cette nouvelle collection