Les mots du vendredi

J’aime le vendredi, parce que je sais que je vous écris.
C’est devenu notre rendez-vous précieux. Un moment pour faire une pause, prendre un peu de hauteur, observer les derniers jours et échanger avec vous. J’ai mille choses à faire aujourd’hui, mais j’ai choisi de terminer la matinée par ce mail.
Je sens que quelque chose se passe en ce moment. Les ventes reprennent sur la boutique en ligne : +40 % par rapport à l’année dernière. On a gagné plus de 400 abonnés sur Instagram cette semaine, une des publications a été vu plus de 160 000 fois. Cela m’apaise beaucoup.
Cette semaine, j’ai enfin lancé la boutique dédiée aux professionnels et envoyer le catalogue de la nouvelle collection. J’ai rangé l’atelier après le départ de Satine et j’ai commandé les packagings et le papier pour Noël. J’ai l’impression d’y voir plus clair.
Mes mots se sont glissés dans la box littéraire Kube ce mois-ci. Vous les avez peut-être croisé si vous êtes abonnés. Et aujourd’hui commence une vente avec Les Bienfaiteurs, où une partie des bénéfices sera reversée à la Maison des femmes.
J’avance. Je ne sais pas encore si ce sera suffisant, mais j’avance. Un pas après l’autre. J’écris. J’ai des idées, des mots et quelques rêves pour les mois à venir.
Et puis, je suis fière de moi.
C’est la première fois que je ressens vraiment ce sentiment. C’est étrange, parce que je n’ai jamais eu autant l’impression d’être au bord du précipice. J’ai mille raisons de me sentir honteuse de ne pas gérer aussi bien que je le voudrais.
Je ne sais pas non plus si tout ce que je mets en place sera suffisant après ces deux années en pointillés et dans cette conjoncture économique. Je ne sais pas si j’y arriverai.
Mais, pour une fois, si je n’y arrive pas, je sais que je resterai fière — et la tête bien haute — de tout ce que j’ai entrepris malgré tout.
La maternité bouscule.
Depuis un an, j’ai compris que si je ne crois pas en moi, personne ne le fera à ma place. La place des mères dans la société est fragile et étroite : il faudrait travailler comme si nous n’avions pas d’enfant, élever un enfant comme si nous n’avions pas de travail.
Et, des deux côtés, les remarques surgissent. Aux yeux de la société, je ne serai jamais assez. Jamais une mère assez dévouée. Jamais une entrepreneuse assez ambitieuse.
J’ai compris que personne ne me donnerait une place confortable, personne ne me donnerait une bonne note de m’oublier pour les autres non plus.
Alors, au milieu des nuits courtes, des appels incessants, de la crise économique, j’ai décidé d’être fière. D’être fière de continuer à y croire, à avancer et de sourire.
C’est de là qu’est née la collection Les jours imparfaits.
Une collection pour se déculpabiliser, pour se choisir, pour choisir l’amour et envoyer valser le reste – et parfois les autres.
Une collection pour rire de ce qui ne va pas et célébrer ce qui nous meut.
Parce qu’au fond, nous avançons tous avec nos jours imparfaits. Avec nos nuits trop courtes, nos projets qui tanguent, nos fragilités, nos élans.
Et c’est peut-être ça, la vraie victoire : continuer, malgré tout, à croire en la vie, cahin-caha, et en sa beauté.
Alors, si vous aussi vous avez traversé une semaine imparfaite, écrivez-moi. J’aimerais vous lire, j’aime apprendre à vous connaitre.


