
Pendant longtemps, j’ai voulu écrire, inconsciemment, sur les familles « parfaites ». J’ai cherché à lisser les textes, à gommer les zones d’ombre. Je pensais que ne pas les écrire les ferait disparaître. Je voulais écrire des affiches inspirantes pour viser un mieux-être.
Et puis, l’année dernière, après avoir accouché, je me suis rendue compte combien ces mots parfaits pouvaient blesser. Je les ai trouvés si décalés avec ma propre réalité.
Je me souviens très bien de ce moment où je ne me suis plus reconnue dans mes propres mots. J’avais l’impression de jouer le jeu d’Instagram, de ses filtres, de ses maisons toujours rangées, de ses vies toujours maîtrisées.
Je ne veux pas que mes affiches génèrent de la culpabilité. Ni ce sentiment de ne pas être « assez bien ». J’ai passé plusieurs mois, entre l’hiver et le printemps dernier, à ne plus arriver à écrire. A ne plus savoir ni quoi écrire, ni comment. Je ne parvenais plus à trouver le ton juste. Entre transparence, authenticité… et des mots que l’on a envie d’afficher pour aller bien, pour aller mieux. Pour s’inspirer.
Et puis, l’été dernier, j’ai commencé à écrire autrement. J’ai puisé dans l’intime et dans mes émotions. J’ai puisé, comme chaque fois, dans ce qui me touche, et ce qui me meut au quotidien. Je crois ne pas savoir créer autrement.
Et j’ai écrit. J’ai écrit la beauté des jours imparfaits et brouillons. J’ai cherché la poésie dans les débordements, dans les oublis, dans les soirs où tout ne roule pas comme on voudrait.
C’est comme ça que cette affiche est née. Et puis, toute la collection Les jours imparfaits. Je l’ai écrite pour moi, pour toutes mes amies parfaitement imparfaites. Je l’ai écrit pour vous : pour vous rappeler votre force et votre puissance.