De la bienveillance envers soi


Alors, voilà. Je suis tête en l’air, tête dans les nuages.

Je crois que je n’ai jamais eu un bulletin sans qu’il y ait inscrit dessus  » c’est dommage, c’est très bien, mais manque d’attention « . Je me suis voulue, longtemps.
Je pensais que c’était de ma faute si je me cognais trop souvent, si j’avais toujours des bleus sur les genoux et si j’oubliais de regarder aux passages piétons. Si je me tachais quand je mangeais ou encore si j’étais incapable de recopier un paragraphe sans ajouter, ou sauter, des bouts de phrase.
Je pensais qu’il fallait juste que je me « concentre », qu’il fallait que « je fasse des efforts » puisque c’est ce que tout le monde me répétait.

Et puis, j’ai grandi.

J’ai compris que ce n’était pas de ma faute. Que de la volonté, je n’en manquais pas. Mais aussi, que j’étais comme ça, et que je n’allais pas passer ma vie à me détester d’être celle que je suis.
Doucement, j’ai mis en place des stratégies pour m’aider à me concentrer et à apprivoiser mon cerveau dansant – mais, quand même, il ne se passe toujours pas un trimestre où je n’égare pas ma carte bancaire ou mes clefs, et j’ai appris à l’accepter et à en rire.
Doucement, j’ai aussi appris à aimer cette spécificité et à en faire ma force. Je sais aujourd’hui que ma créativité et sensibilité sont liés à ce fonctionnement-là. Que je préfère faire et prendre le risque de me tromper.

Hier, j’ai reçu les nouvelles affiches pour les maîtresses, les nounous et les Atsem. Je les ai mises en ligne. Vous savez, je me connais. J’ai très peur de laisser une faute plus grosse que moi. C’est ma grande crainte dans cette aventure. Avant de mettre une nouvelle affiche en ligne, je la fais toujours relire. Je la relis aussi plusieurs fois.
En les recevant, je me suis rendue compte que j’avais laissé une coquille, justement, sur le mot « attentionnée » où j’avais mangé un « n ». Sur les quatre affiches.

Je pourrais vous écrire que la coïncidence m’a fait sourire, mais ce n’est pas vraiment la vérité. Cela m’a fait des nœuds, toute la nuit, au ventre et je m’en suis voulue de ce manque « d’attention ». Je m’en suis voulue d’être moi, à nouveau, avec mon cerveau vagabond.

Je m’en suis voulue, oui, parce que les dates pour la fin de l’école sont serrées et que plusieurs commandes avaient déjà été passées.

Alors, ce matin, j’ai envoyé un mail à toutes les personnes et boutiques qui avaient passé une commande pour les prévenir du retard et m’excuser. J’ai également envoyé le PDF corrigé pour toutes les commandes PDF. J’ai envoyé les nouveaux fichiers à l’imprimeur en lui demandant d’aller au plus vite.

Là, maintenant, oui, je souris et je respire.

Tout ira bien, ce ne sont que des mots et aucune erreur ne définit notre valeur. Je suis sûre de ça et je crois que l’on ne devrait jamais l’oublier. Nous sommes humains. Nous ne sommes pas des machines. Nous faisons tous des erreurs.

 

La bonne nouvelle est que les nouvelles affiches arrivent, sans faute, dès la semaine prochaine et que vous pouvez déjà les commander en ligne.
La seconde bonne nouvelle est aussi que cette erreur va me permettre de réfléchir à ma façon de travailler.
Je sais que je suis tête dans les nuages et je considère que je n’ai pas droit à l’erreur au niveau de l’orthographe sur mes affiches (pour les mails, j’ai arrêté depuis longtemps de me faire des nœuds au ventre…).
Je vais revoir, doucement, le processus de relecture et de validation. Et finalement, c’est plutôt chouette de m’en être aperçue aussi tôt plutôt que dans trois mois où j’aurais déjà vendu des centaines de cartes avec la faute, non ?

Et vous, dites-moi, vous me racontez le fonctionnement de votre cerveau ?

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