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Vivre d'amour
et de mots

May Lopez

J’aime. Créer. Réserver un vol pour un pays, encore, inconnu. Écrire. Imaginer. Photographier. Observer le jour qui se lève et sa lumière bleutée.

L’instant où l’avion décolle. Et puis, la vue par le hublot. La mélodie d’un piano, la beauté d’une rencontre, la douceur d’une pluie d’été. Le bruit de pas sur le parquet. Le silence. La justesse d’un roman.

Je crois en la beauté de la vie. Je crois en l’amour. Je crois en la douceur. Je crois en l’humain. Je crois que les rêves sont faits pour être réalisés.

Le cercle privé

Le cercle est un espace d’exploration et d’échanges

On y parle littérature, entrepreneuriat et créativité. On parle d’amour et rencontres qui éclairent et font battre le coeur un peu plus fort. On s’étonne de la poésie du quotidien et de la beauté des premières fois. On est passionnés, fous et idéalistes. On tremble, on rit, on aime. On a la tête dans les étoiles.

On a des rêves qui n’attendent que d’être réalisés.

Dire je t’aime ?

Je ne sais pas si vous faites partie de ces chanceuses personnes qui disent je t’aime quand elles le pensent, comme elles le pensent d’une manière simple, bouleversante et spontanée.

 

J’ai longtemps cherché à comprendre pourquoi cela me semblait si compliqué de dire je t’aime, pourquoi les mots restaient coincés au creux de ma gorge. Pourquoi je n’arrivais pas toujours à les prononcer et pourquoi j’avais l’impression que le ciel aller me tomber au dessus de la tête à chaque fois que je pensais prononcer ces mots-là ou à partager mes émotions.
Je pense souvent à cette vidéo de Solange te parle qui rappelle que dire je t’aime n’est pas un engagement à vie. Que cela signifie juste « je suis bien avec toi, je t’aime là tout de suite« .

Je suis disons aussi douée à l’écrit que je suis nulle pour m’exprimer à l’oral (oui, oui !). Pour l’anecdote, je suis allée voir un psychanalyste durant des mois, deux fois par semaine … où je n’ai pas réussi à décrocher d’autres mots que « il fait beau aujourd’hui, non ?  » ou « oh, il y a des travaux dans la rue« . Le reste, les émotions et l’intime, cela restait coincé dans la gorge.

 

Photographie Les pies voleuses

 

 

Parler, me semblait (très) compliqué

Très tôt, j’ai compris le pouvoir et la force des mots. Il fallait choisir les mots justes, la bonne intonation et le bon moment pour tenter d’être entendu et compris. Il fallait veiller à la façon dont les mots allaient être réceptionnés. Parfois, la personne serait ailleurs. Parfois, elle ne le entendrait pas. D’autrefois, elle ne les entendrait pas de la bonne des façons. Parfois, aussi bien sûr, elle les accueillerait de la meilleure des façons et avec bienveillance. Souvent, je n’avais pas le courage de prendre ces risques-là. Alors, je préférais rester silencieuse.

Écrire, avoir le temps de poser ses mots, me semblait tellement plus simple, plus protecteur et doux. Cela m’évitait aussi d’avoir à me confronter à la réaction instantanée – positive, neutre ou négative – de la personne qui les recevrait et de devoir alors réagir et gérer sa réaction. Je suis très nulle à ce jeu-là et je me laisse rapidement submerger par un flot d’émotions.

Recevoir des mots écrits me permettait, de prendre le temps de lire, de comprendre et de répondre à la personne avec toute mon attention. J’avais le recul nécessaire pour lui répondre de la manière la plus juste et sincère. Et quand on est très sensible : cet écart et cette distanciation entre l’écriture et la réception semblent, souvent, salvateurs.

 

Photographie Les pies voleuses

 

Le pouvoir magique de l’écriture

Alors, au fil des années, j’ai appris à m’exprimer à l’écrit avec beaucoup plus de finesse qu’à l’oral. C’était une protection instinctive, en le regrettant parfois de n’être pas aussi volubile que mes amis, en étant fière du cadeau que j’offrais et que l’autre pouvait conserver d’autrefois.

Je me suis construit un monde intérieur rempli de mots, de silence et de poésie. J’aime par une présence silencieuse, attentive et rassurante. J’aime par des attentions quotidiennes et minuscules. Je ne parle pas beaucoup. Je souris. Je dis rarement je t’aime – à part à Holly, elle répond toujours positivement en remuant la queue et en ronronnent .

Je dis je t’aime en étant présente quand l’autre a besoin de moi. Je dis je t’aime en baissant la garde et en me laissant épauler et aider. Je dis je t’aime en me mettant à nu. Et puis, j’écris, oui. Je dis je t’aime en majuscule sur des affiches en oubliant, alors, un peu et tout à coup ma pudeur.

J’ai appris à accepter et à aimer cette particularité et à en faire une force. Je sais aujourd’hui que l’écriture me sauve de bien des mots qui resteraient coincés dans le creux de ma gorge. J’ai conscience aussi que Les mots à l’affiche n’existerait pas sans cette difficulté-là.

J’ai imaginé Les mots à l’affiche pour toutes les personnes qui ont du mal à exprimer simplement les choses. Pour les aider à dire ce qu’elles ne parviennent pas à exprimer aux gens qu’elles aiment.

 

Photographie Les pies voleuses

Et vous, vous dites, je t’aime ?

 

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