
Cette affiche, je l’ai écrite il y a dix ans.
Je l’ai écrite alors que je me séparais de mon premier grand amour. Pour me donner de la force et du courage. Pour me promettre que la vie était devant moi. Que ça irait. Que la vie continuait, après tout.
Je me sentais au bord d’un précipice et j’avais très peur. C’était sûrement ce que je considérais alors comme mon premier échec.
Alors j’ai écrit ce texte Vivre, sans savoir qu’il deviendrait une affiche, comme une formule magique, que l’on relit encore, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle devienne vraie. Je l’ai écrite parce que je n’y croyais plus vraiment. Et que, dans ces moments-là, écrire est la seule chose que je sais faire. Écrire, imaginer, rêver d’un ciel bleu.
Et puis, vous êtes combien à l’avoir lue, achetée, offerte ? Je ne sais pas. Combien d’entre vous cette affiche a-t-elle aidés ? Je l’ignore. Je n’ai pas de chiffres. Je n’ai jamais compté. Mais j’imagine que ce sont plus de 20 000 exemplaires qui ont été imprimés au fil des années. Peut-être 50 000. Peut-être davantage.
Elle s’est retrouvée au sein de milliers de maisons, mais aussi dans des magazines, des hôtels, sur des abribus, et jusque sur des cartes postales diffusées dans des musées et lieux culturels de Toulouse pour célébrer la nouvelle année. Elle a été partagée par de nombreuses personnalités, sans que je m’y attende. Dix ans plus tard, elle est à la vente dans plus de 300 points de vente. Incroyable, non ?
Cette affiche a eu une vie folle.
Une vie que je n’aurais jamais imaginée si, il y a dix ans, on me l’avait racontée. Grâce à elle, j’ai créé deux ans plus tard Les mots à l’affiche.
C’est vertigineux, de voir ce que la vie nous offre quand on va au plus mal.
À quoi ressembleront les dix prochaines années de Les mots à l’affiche ? À quoi ressembleront mes dix prochaines années ?
Je ne sais pas. Je sens que beaucoup de choses changent en ce moment. Mais je sais déjà qu’elles seront plus surprenantes que tout ce que je peux imaginer. Et ça, c’est une excellente nouvelle.