
Après un mois loin des réseaux, j’ai retrouvé mardi ma nounou formidable et un peu de temps pour moi. Pour Les mots à l’affiche. Pour rêver et écrire à nouveau.
C’est la première fois que je m’arrête aussi longtemps. C’est beau de voir son enfant grandir. D’être là, ensemble, 24h sur 24, collé-serré. C’est aussi compliqué. Parce que cela signifie mettre son travail de côté. Mettre son élan et son ambition sur pause. Mettre une partie de soi entre parenthèses.
À la rentrée, mon fils sera gardé hors de la maison, par une assistante maternelle.
Ce n’est pas une décision facile, c’est une décision nécessaire.
Pour ma santé mentale. Pour mon équilibre.
Pour ma joie de continuer à faire grandir Les mots à l’affiche.
Pour mon énergie lorsque je suis à ses côtés.
Pour que mon fils soit fier de sa maman dans quelques années.
Et c’est de cela dont j’avais envie de vous parler aujourd’hui. De la vraie vie, des choix que l’on fait, de la culpabilité, de ce que l’on montre et de ce que l’on cache.
Je travaille depuis plusieurs semaines sur la nouvelle collection de septembre. Elle est différente. Plus vraie. Plus réaliste. Plus honnête.
Je me suis beaucoup interrogée sur le sens de ce que je fais. Sur ce que je montre ici. Sur ce que je gomme. Sur ce que j’écris et que vous choisissez parfois d’afficher dans vos intérieurs. Sur ce que je cache, volontairement, aussi. Sur ma responsabilité.
Je sais le pouvoir des mots. Je ne veux plus participer à cette illusion de perfection qui fait mal. Celle qui écrase plus qu’elle n’inspire.
Cette année a été difficile. Je crois que vous êtes nombreux à vous en être douté – à en croire vos réponses si justes à mes mails.
Je me suis souvent demandé ce que j’avais le droit de dire et d’exposer. Ce que je pouvais partager. Sur les limites, et sur la frontière ténue entre l’intime et l’universel.
Et ce que je devais garder pour moi. J’ai souvent écrit à demi mots. Certaines anecdotes sont restées silencieuses par pudeur pour mes proches. J’ai gommé des détails. Mais d’autres, je les ai tues pour préserver l’image de quelqu’un qui réussit, qui “gère”, pour conserver l’image d’une femme inspirante et battante envers et contre tout.
J’ai souvent pensé que l’on pouvait tout écrire une fois que qu’on avait “réglé le problème”. J’ai sûrement eu tord et manqué de confiance.
Cette collection, je l’ai écrite autrement. Pas pour donner des leçons. Mais pour dire : moi aussi.
Moi aussi, j’oublie le goûter.
Moi aussi, je me perds. Je m’agace. Je m’en veux.
Moi aussi, je suis fatiguée. Je pleure. Je doute. Je suis en colère.
Et moi aussi, comme vous, je me relève. Je me réconcilie. Je m’apaise.
J’ai voulu une collection sans injonction. Des mots vrais. Des mots du quotidien.
Cette collection est née dans les plis de la vraie vie. Dans les listes recommencées. Les phrases qu’on n’a pas eu le temps de finir. Dans les oublis, les ratures, les nuits trop courtes. Les colères qu’on regrette. Les journées brouillonnes. Où le salon ressemble à un champ de bataille, et le cœur à un vase qui déborde.
Elle est née de là, précisément : de ce qu’on ne montre pas souvent.
C’est une collection écrite pour déculpabiliser. Pour apaiser. Pour réconcilier.
Pour dire : tu fais de ton mieux. Et c’est déjà beaucoup.
25 nouvelles affiches verront le jour en septembre.
Et elles portent en elles cette envie d’écrire le réel.
Pas pour briller. Mais pour nous réconforter, relier et retrouver la beauté dans notre quotidien.